Zakaria Benchaiba : de décrocheur à tuteur

C’est en 2008 que la famille Benchaiba a quitté la France pour Montréal. Découvrez Zakaria, ce tuteur au parcours hors du commun.

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Zakaria, qu’est-ce qui t’a amené à décrocher ?
J’ai arrêté l’école non pas parce que j’avais des problèmes de comportement, mais parce que je ne comprenais rien. Avant, je ne réfléchissais pas, j’étais un peu comme un automate. Par exemple, en mathématique, j’appliquais les formules, point. Je ne cherchais pas à aller plus loin, à comprendre.

Qu’est-ce qui t’a poussé à retourner sur les bancs d’école ?
Après deux ans à cumuler les emplois routiniers et sans défi, j’ai décidé de reprendre mes études à l’école des adultes. En un an, j’ai fini mon secondaire : j’avais des cours de 3e et de 4e secondaires à reprendre, ainsi que tous ceux de 5e. J’ai même réussi la séquence SN (sciences de la nature).

Qu’est-ce qui fait que ton retour a été fructueux ?
La formule me convenait plus. À l’école des adultes, il n’y a pas de professeur qui te donne un cours : tu reçois des livres, les lis et réalises des exercices. Quand tu finis un module et que tu réussis l’examen, tu passes au suivant. Je peux donc affirmer que ce fut une véritable « révolution intellectuelle » pour moi. On m’a forcé à raisonner.

Et par la suite ?
Après avoir obtenu mon diplôme du collège Jean-de-Brébeuf au baccalauréat international en sciences de la nature, j’ai entrepris mon baccalauréat en mathématiques à l’Université de Montréal. J’en suis à ma deuxième année.

Comment en es-tu arrivé à devenir tuteur chez Succès Scolaire ?
J’étais à une rencontre d’information parce que je voulais faire du bénévolat auprès de jeunes sur la ligne rouge, c’est-à-dire sur le point de décrocher, mais où il y avait encore de l’espoir. J’ai donc rencontré une personne qui travaillait chez Succès Scolaire. Je lui ai dit que j’en avais assez de travailler dans une épicerie et elle m’a incité à postuler comme tuteur. J’ai sauté sur l’occasion.

Au début, je n’y croyais pas. Moi, un ancien décrocheur, j’allais être tuteur. Je doutais de moi : est-ce que je serais capable d’aider les jeunes et de leur expliquer des notions qui leur échappaient ? Finalement, c’était plus naturel que je le croyais.

Depuis mon arrivée, en septembre dernier, j’accompagne trois élèves en mathématique : un au primaire, un au secondaire et un au cégep.

De plus, je fais du bénévolat tous les mercredis après-midi à l’école des adultes où j’ai étudié. J’aide les élèves en mathématique et en physique. Une magnifique expérience !

Que préfères-tu dans ton travail de tuteur ?
La première fois que je rencontre un jeune, il essaie souvent de me faire croire que tout va bien, qu’il n’éprouve pas de difficultés. Puis, je gagne peu à peu sa confiance et il se montre enfin sous son vrai jour. Quand la glace se brise et que je découvre vraiment l’élève, c’est fantastique !

En terminant, qu’aimerais-tu dire à un jeune qui pense à décrocher ?
Il n’est jamais trop tard : j’en suis la preuve vivante. Si tu vois que tu ne comprends pas, que tu bloques, peu importe la matière, il n’est jamais trop tard pour revenir en arrière. Ton prof peut t’aider. Tu peux aller aux périodes de récupération. Tu peux travailler avec un tuteur. Tu peux aller à l’école des adultes.

Rien n’est coulé dans le béton. Si tu veux atteindre ton objectif, tout est possible… même si ça prend un peu plus de temps que prévu.


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