Les élèves introvertis

 

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Les élèves introvertis peuvent parfois constituer une énigme. Ils parlent moins, donc on a plus de difficultés à savoir ce qui se passe dans leurs têtes. S’il faut travailler un peu plus pour les connaître, les introvertis sont des forces tranquilles! Développons…

L’introversion : une force!

Le dictionnaire donne de l’introversion une définition un peu grave : « Le fait d’être tourné vers soi plutôt que vers le monde extérieur ». Il faut interpréter cette définition avec précaution : ne pas se propulser à gauche et à droite pour aborder les autres dans les corridors de son école ne signifie pas qu’on est fermé, bloqué. L’introversion est un trait de caractère, pas une faiblesse. On ne « corrige » pas l’introversion. En fait, tout autant que les extravertis, les introvertis ont des forces dont ils peuvent et doivent se servir! Des forces qu’on doit déceler.

Seule mise en garde, l’introversion peut parfois témoigner d’un manque d’estime de soi. Soyez donc à l’écoute. Mais dites vous ceci : à l’adolescence, qu’on soit tourné vers l’intérieur ou l’extérieur, on en est encore à la fabriquer, notre estime de soi.

S’il y a toujours des sceptiques sur ce qui a été dit plus haut, tournez-vous vers l’essai paru l’an dernier intitulé La force tranquille des discrets. Qu’est-ce qu’on y dit, en un mot? Notre société, qui est centrée sur l’image, favorise les personnalités extraverties. Mais les introvertis sont souvent plus avisés et réfléchis. Oui, vous l’avez bien lu. Ce n’est pas parce qu’on se fait discret dans la cour d’école qu’on n’atteint pas les mêmes sommets vingt ans plus tard!

Se mettre à l’écoute

L’effort à faire par les parents et les professeurs, donc, consiste à poser des questions, à insister un peu plus qu’avec une personnalité extravertie. L’introverti n’aura pas le réflexe de vous dire ce qui va ou ne va pas, ce qui cloche, ce qui accroche. Il faut tâter le terrain plus souvent. Il faut se montrer disponible. Mais on ne force pas trop! À force de les apprivoiser, les introvertis se révèlent d’eux-mêmes. Par exemple, les profs découvrent que le silencieux du début de l’année s’avère être un mordu physique, ou des dinosaures. Un parent inquiet qui ne comprend pas les difficultés de son enfant en math découvre que ce n’est que la géographie qui pose problème, et non pas tout ce qu’il apprend. Les introvertis testent peut-être un peu plus notre patience, exigent plus de temps, mais en définitive, ils arrivent à bon port.

En terminant, on pourrait penser à cette analogie pour mieux comprendre les élèves introvertis : on dit souvent qu’un grand vin, c’est celui qui ne s’acharne pas trop à vouloir en mettre plein la vue, qui va chercher, discrètement, les saveurs qui nous charment. Eh bien l’élève introverti, c’est comme un grand vin. Les premières impressions n’indiquent pas qu’il s’agit d’un trésor, mais, au fin fond du vin (de l’élève) il y a bel et bien un trésor.  

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